- Le Rocher Badon 2912m et le Petit Badon en boucle par le Col de la Croix, le Col du Rocher Blanc et la Brèche du Pin

Publié le 28 septembre 2026 à 13:01

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Réalisée le 27 septembre 2026.

 

Souvent occulté du fait de sa proximité immédiate avec le Rocher Blanc 2928m, le Rocher Badon 2912m tire son épingle du jeu grâce à ses quelques mètres en moins qui lui permettent une moindre notoriété. Et pourtant cette cime typiquement belledonnienne n'est pas en reste avec une longue ascension sauvage soit en remontant l'intégralité de la Combe Madame soit en basculant sur cette dernière depuis la Vallée de l'Eau d'Olle, le tout dans une ambiance rocheuse sans balisage et souvent partagée avec les nombreux bouquetins des environs et quelques vautours.

Sommet le plus septentrional de la trinité dominant les Lacs des Sept Laux, il a une altitude similaire à sa consoeur du Sud la Pyramide, laissant ainsi la primauté au Rocher Blanc 2928m, troisième plus haut sommet du massif. Son ascension finale ne peut que s'effectuer sur le haut de la Combe Madame, son versant Sept Laux étant uniquement réservé aux grimpeurs et aux bouquetins.

Comme le Rocher Blanc, les derniers mètres de l'ascension seront l'occasion de traverser les vestiges glaciaires de Belledonne, la blancheur du paysage d'antan ne se retrouvant quasiment plus que dans les toponymes locaux. Pour éviter la monotonie d'une montée via la longue et progressive Combe Madame, on s'attaque au Rocher Badon depuis l'extrémité Nord de la Vallée de l'Eau d'Olle, au niveau du Col du Glandon.

Déjà à haute altitude, un départ depuis ce col sera ponctué de montées et de descentes tout au long du circuit en jonglant de versant en versant, de col en col. Le tout en réalisant un circuit autour des Aiguilles de l'Argentière, une magnifique dentelle de pics rocheux observable durant l'intégralité de la randonnée. Du reste, on traversera des paysages typiques de Belledonne alliant lacs de montagne, vallons ruisselants et casses rocheuses où l'ambiance sauvage du massif est beaucoup plus prégnante que dans sa partie Sud, où se situent les classiques des Grenoblois.

 

Etape 1 : L'ascension du Rocher Badon par la Combe de la Croix et la Combe Madame.

 

Aiguilles de l'Argentière, Bec d'Arguille et Cime du Sambuis depuis le Col du Glandon. Au centre, on devine la Combe de la Croix que nous allons rejoindre.

Dès notre départ du Col du Glandon 1924m, le paysage est déjà spectaculaire sur ce versant de la chaîne de Belledonne. Séparant les Vallées de l'Eau d'Olle au Sud et des Villards au Nord, le Col du Glandon se trouve également à la frontière entre les massifs de Belledonne et des Grandes Rousses. Alors qu'en direction du dernier massif, les remontées mécaniques de la station de ski des Sybelles sont déjà visibles, le caractère sauvage des cimes et combes belledonniennes attirent davantage et invitent à s'immiscer dans le relief.

 

Aiguilles de l'Argentière avec le Col de la Combe au centre.

Vallée des Villards, Col de la Madeleine et Mont Blanc.

Premiers mètres en balcons vers la Combe de la Croix.

 

Du Col du Glandon, on traverse sur quelques centaines de mètres en balcons au-dessus de la Vallée des Villards dans le but d'atteindre la Combe de la Croix. On traverser les champs de myrtilliers d'un rouge flamboyant en cette fin septembre. 

Il n'y a que 500m de dénivelés pour relier le Col du Glandon et le Lac de la Croix. A la forte saison, la foule peut être dense dans cette zone de Belledonne. Un départ aux inter-saisons peut permettre de profiter davantage de ces pentes sauvages. Même les troupeaux d'ovins sont sur le départ pour rejoindre les plaines avant l'arrivée de l'automne et de la fraicheur. 

 

Dès nos premiers pas dans la Combe de la Croix, les Aiguilles d'Arves émergent derrière les Grandes Rousses. On suit le torrent émanant du lac sur quelques mètres puis, au niveau d'un panneau indiquant la Cime du Sambuis, on s'empresse de traverser le cours d'eau et de remonter les pentes situées à notre droite. 

Bien que la Passerelle Marc Seguin soit absente, on traverse sans difficulté le torrent. De l'autre côté, le sentier est peu visible même si quelques cairns et quelques traces de balisages le bornent ici ou là. 

Combe de la Croix avec les Aiguilles de l'Argentière sur la gauche. On remonte les pentes sur la droite alors que le sentier principal suit le talweg du vallon jusqu'au ressaut occultant le Lac de la Croix.

 

Cime des Torches, Pic Gaspard, Meije, Râteau.

Vers 2350m, on atteint un replat où se situe un petit lac légèrement sur la gauche. C'est à partir de ce point que l'on quitte le sentier s'élevant vers la Cime du Sambuis. On part hors sentier vers l'Ouest en traversant le petit plateau ascendant où logent quelques gouilles et ruisseaux. L'ambiance est particulièrement sauvage avec un calme palpable et de hauts sommets apparaissant progressivement. Il n'est d'ailleurs pas rare d'apercevoir des bouquetins dans cette zone. 

 

On arrive par le Nord-Est près du Lac de la Croix. Le cadre est splendide avec la chaîne des Aiguilles de l'Argentière et leurs petits glaciers. On remarque également les immenses dalles au centre signes de l'ancien lit glaciaire. De notre position, il est assez délicat de contourner le lac par sa rive Nord, rive qui abrite quelques barres rocheuses. Il vaut mieux rejoindre le sentier balisé situé sur la rive d'en face via son pourtour Sud. Ensuite, il suffit de gravir les 100m qui sépare le Lac de la Croix de son col éponyme. Col que l'on aperçoit à droite.

 

Lac de la Croix, Glacier de l'Argentière, Aiguille Michel et Aiguille de Marcieu.

Lac de la Croix, Col de la Croix (à droite) et Rocher Armorié.

En montant au Col de la Croix avec la Cime du Sambuis, la Maurienne, le Massif du Mont Cenis et la route menant au Col de la Croix de Fer.

 

Rocher Blanc et Rocher Badon depuis le Col de la Croix.

Fleur de Lys au niveau du Col de la Croix. 

 

Le Col de la Croix 2529m est à la frontière de plusieurs entités. Tout d'abord, la présence d'une Croix de Savoie et d'une Fleur de Lys atteste du positionnement de l'ancienne frontière historique entre le Royaume de France et le Duché de Savoie. Aujourd'hui, il s'agit toujours d'une frontière administrative puisqu'elle marque la délimitation entre les départements de l'Isère et de la Savoie. 

Bien que la chaîne de Belledonne soit un massif globalement homogène, cette dernière peut se découper en trois sous-massifs : la partie Sud entre Chamrousse et le Pas de la Coche / la partie centrale autour des Sept Laux et la partie Nord, que l'on appelle plus communément le Massif d'Allevard. Le Col de la Croix marque ainsi, avec la Combe Madame,  la frontière entre le sous-massif des Sept Laux et celui d'Allevard.

 

Au Col de la Croix, nous n'avons d'autres choix que de chuter sur la Combe Madame pour pouvoir remonter sa partie haute. On enchaîne quelques lacets jusqu'à atteindre les 2200m d'altitude. Le but étant de contourner la paroi rocheuse du Point 2440.

Au niveau d'un virage, il faut stopper la descension et repérer une petite sente filant au Sud-Sud-Ouest vers la partie haute de la Combe Madame. On y trouvera quelques mètres plus loin un certain nombre de cairns, organisé de manière assez aléatoire notamment du fait des nombreuses ravines qui traversent ces casses rocheuses. Une fois au niveau du talweg, les cairns se font plus nombreux et permettent de remonter sans difficulté les moraines du Glacier de la Combe Madame. 

 

Sur les moraines du Glacier de la Combe Madame. En tournant la tête, on aperçoit les géants du coin : le Rocher d'Arguille 2885m, le Pic de la Grande Valloire 2887m et le Bec d'Arguille 2891m.

 

Le Col de la Combe Madame avec son cairn et son reliquat glaciaire sur la gauche de la photo. Au centre, le Point 2791 que l'on pourrait faire appartenir aux Rochers du Buyant.

 

initialement, nous avions prévu de franchir le Col de la Combe Madame une fois le Rocher Badon atteint. Mais en lisant quelques retours de randonneurs ayant franchi ces dernières années ce col, l'instabilité du terrain semble être importante avec un bout de glacier de plus en plus incliné, la présence de quelques crevasses malgré la petitesse du bloc de glace et des chutes de pierres récurrentes, du moins sur ce versant du col. Avec la sécheresse et les fortes températures, on ne tentera donc pas ce col qui semble être davantage praticable en hiver en ski de randonnée, lorsque le tout est stabilisé par le manteau neigeux.

 

Jeune bouquetin sur fond d'arête Sud du Rocher Badon.

 

 

Vers 2400m, on atteint une crête morainique. Il s'agit de l'ancienne jonction des glaciers de la Combe Madame et du Rocher Blanc. Aujourd'hui, le Glacier du Rocher Blanc n'existe plus officiellement alors que celui de la Combe Madame est en voie de disparition. Il ne reste plus que les vastes pierriers et les dalles polies par les mouvements des glaciers disparus. 

De cette crête, on poursuit vers le Sud-Ouest, en direction du Rocher Badon que l'on aperçoit bien en haut de la combe (photo ci-dessus). Nous sommes accompagnés par quelques bouquetins, toujours tout étonnés de nous voir débarquer dans ce monde minéral.

Rocher Badon 2912m, Col des Badons, Petit Badon 2715m.

 

Au niveau du Point 2611, on s'autorise une ascension supplémentaire en tentant de relier le Petit Badon avant de rejoindre son grand frère. Encore moins gravi que le Rocher Badon, le sentier d'ascension de cette cime secondaire est un peu plus sinueux. Il nous faut pour cela rejoindre le Col des Badons surplombant un cirque rocheux agrémenté de quelques barres rocheuses. 

De notre position, on franchit les barres sans trop de difficultés mais une fois dans le cirque, il ne faut pas trop grimper pour atteindre le col à niveau ou par le haut. Au contraire, il ne faut pas hésiter à longer le bas des barres chutant de l'arête Nord du Rocher Badon et à descendre quelques mètres pour ensuite gravir le Col des Badons au plus facile, dans l'axe du vallon émanant de ce dernier.

Une fois au col, on suit l'arête Sud du Petit Badon jusqu'à atteindre son cairn sommital. L'arête est particulièrement effilée et aérienne mais bénéficie de bonnes prises. De là-haut, on a un avant-goût du panorama qui nous attend depuis le Rocher Badon.

 

 

 

Depuis le sommet du Petit Badon, la face Nord du Rocher Badon nous écrase et semble inaccessible. En tout cas nous ne suivrons pas le fil de la crête pour rejoindre le sommet. En revanche, bien que l'on parcourra la crête sur quelques dizaines de mètres après notre retour au Col des Badons, on reliera le névé que l'on devine sur la pente ensoleillée du Rocher Badon. Ici, un petit couloir nous permettra de mettre pied sur la face Ouest de la montagne, moins abrupte que celle se trouvant face à nous.

Une fois sur la face Ouest, on peut naviguer un peu partout sur la montagne qui est certes assez inclinée mais les rochers forment de nombreux escaliers stabilisés permettant de se hisser simplement vers le sommet.

 

 

 

 

 

Le Mont Blanc émerge à droite du Bec d'Arguille et le Puy Gris se rajoute à la ribambelle de sommets belledonniens. Au centre, on devine le Petit Badon et la crête que nous avons emprunté jusqu'au névé.

On finit par atteindre l'arête Sud du Rocher Badon, zone d'ascension que l'on pourrait qualifier de voie normale pour ce sommet. La vue est instantanément décuplée avec un plongeon sur les lacs des Sept Laux, le Grésivaudan, la Chartreuse et le Vercors.

Encore une fois, l'arête n'est pas difficile ou dangereuse même si le vide sur l'un des versants peut paraitre impressionnant. 

Alors que quelques groupes de randonneurs s'agglutinent autour du tumulus sommital du Rocher Blanc, on atteint le modeste cairn du Rocher Badon dans une solitude des plus totales. On a le sommet pour nous et un panorama à couper le souffle sur les Alpes du Nord. 

 

Montagne des Agneaux, Pic du Mas de la Grave, Pic Gaspard, Meije, Barre des Ecrins, Râteau, Cime de la Cochette, Pic de l'Etendard, Pic Bayle, Pic du Lac Blanc, Roche de la Muzelle, Rocher Blanc, Obiou, Grand Armet, Pyramide, Taillefer, Grande Lance d'Allemont, Grand Pic de Belledonne.

 

Quatre massifs sur cette photo : Taillefer, Belledonne, Vercors et Chartreuse. On domine sensiblement le chapelet de lacs des Sept Laux : Lac Jéplan, Lac du Cos, Lac Cottepens, Lac Blanc, Lac de la Ratoune, Lac de la Motte, Lac Carré et Lac Noir.

 

Même si on ne franchit pas la barre des 3000m d'altitude, on devine de nombreux géants depuis le Rocher Badon : Mont Buet, Massif du Mont Blanc, Grands Combins, Mont Pourri, quelques dômes du Mont Rose, Aiguille de la Grande Sassière, Grande Casse, Glaciers de la Vanoise, Aiguille de Péclet, Rochemelon, Rognosa d'Etache, Aiguille de la Scolette, Mont Thabor, Aiguille de l'Epaisseur, Aiguilles d'Arves, Aiguilles de la Saussaz, Aiguille du Goléon, Pic du Mas de la Grave, Montagne des Agneaux.

Au premier plan, on aperçoit la Cime du Sambuis et les Aiguilles de l'Argentière (que l'on domine de quelques mètres).

 

Zoom sur les grands de Belledonne Nord : Pointes de la Porte d'Eglise, Rocher d'Arguille, Pointe de Comberousse, Puy Gris, Pic du Frêne, Bec d'Arguille sous l'oeil attentif du Mont Blanc.

 

Quelques lacs des Sept-Laux, Belledonne Sud et Barrière Orientale du Vercors.

Aiguilles de l'Argentière et les massifs entourant la Maurienne.

Etape 2 : La descente vers le Col du Glandon par les passages mystérieux de la Vallée de l'Eau d'Olle.

 

Du sommet, le premier défi sera de basculer de nouveau sur le versant oriental de la chaîne de Belledonne. Vu que l'on a mis de côté le Col de la Combe Madame, il faut trouver un autre passage sur la crête reliant ce col au Rocher Blanc. Et les endroits se comptent sur les doigts d'une main : le Col du Buyant, le Rocher Blanc avec une descente sur le Col de l'Amiante ou un col anonyme présent à l'Ouest du Point 2848. On choisit cette dernière option, la plus simple et la plus rapide pour franchir l'arête, du moins à première vue puisqu'on se situerait globalement au même niveau que le Col du Rocher Blanc que nous allons relier depuis le sommet.

 

Arête reliant le Rocher Badon et le Rocher Blanc via le Col du Rocher Blanc.

On rejoint sans difficulté le Col du Rocher Blanc 2809m puis on part à niveau en traversant en balcons la face Nord-Est du Rocher Blanc. On traversera d'ailleurs le sentier cairné reliant sa cime tout en continuant notre chemin vers l'arête visée.

Vue globale de l'ancien lit du Glacier du Rocher Blanc entre le Rocher Badon et les Rochers du Buyant. L'inclinaison de la pente est faible et on traverse des chaos de blocs aux teintes diverses. 

 

Lac de l'Amiante sur fond de Grandes Rousses et d'Ecrins.

Rocher Badon et reliquat de Glacier du Rocher Blanc.

Aiguille d'Arves et haute Vallée de l'Eau d'Olle.

 

Une fois sur l'arête, on atteint une brèche qui nous permet d'apercevoir le Lac de l'Amiante et son cirque rocheux. Cependant, l'autre versant de la brèche est beaucoup trop abrupt pour constituer une échappatoire vers la Vallée de l'Eau d'Olle. On poursuit donc sur le fil de la crête rocheuse qui est assez technique dans un premier temps puisqu'il faut mettre les mains et grimper sur une arête de bloc, un peu comme on a gravi le Petit Badon un peu plus tôt dans la journée. Une fois sur la partie supérieure, l'arête s'aplanit et s'élargit jusqu'à atteindre un col beaucoup plus débonnaire que la brèche que nous avions atteint.

D'ailleurs l'unique plaque de glace de l'ancien Glacier du Rocher Blanc gît sur sa partie Nord (photo ci-contre).

 

Lac de l'Amiante, Pyramide, Col de l'Amiante, Rocher Blanc.

 

La descente sur l'autre versant s'effectue sur un pierrier jusqu'à atteindre une croupe rocheuse où trônent quelques cairns. Nous n'avons pas besoin de relier les environs du Lac de l'Amiante, on part à l'opposé avec le Ruisseau du Pin en ligne de mire. Les cairns ne suivent pas le fil du vallon, au contraire ils restent sur la croupe de dalles rocheuses jusqu'au torrent.

 

On relie ainsi quelques gouilles mal-en-point après des mois de sécheresse alors même que le Massif de Belledonne est réputé pour ses vallons ruisselants à toute saison. Après ces petits lacs, on atteint le Ruisseau du Pin qui, quant à lui, continue de couler faiblement. On reste sur la croupe le surplombant puis, vers 2450m, on se décide à le traverser. 

 

Rocher Blanc, Rochers du Buyant et Col du Buyant.

Une fois le Ruisseau du Pin traversé, on ne poursuit pas notre descension vers le bas du vallon. On file à niveau sous la Crête du Pin à la recherche de la Brèche éponyme (passage visible sur la photo ci-dessus). 

La Brèche du Pin est un passage peu connu permettant de franchir la Crête du Pin et de relier le Col du Glandon sans avoir à descendre vers Rieu Claret et la route. Depuis le torrent on repère par moment quelques cairns mais sans véritable continuité. Reste que par bonnes visibilités, le passage est observable de loin et ses pentes Nord ne sont aucunement difficiles.

Une fois à la Brèche du Pin 2422m, la verticalité est beaucoup plus importante sur l'autre versant. Malgré tout, un petit sentier semble se faufiler dans le couloir jusqu'au pierrier comblant le bas de la brèche. On a par la même occasion une vue globale sur les alpages qu'il nous reste à traverser pour relier le Col du Glandon.

Au même moment, quelques vautours virevoltent près des Aiguilles de l'Argentière, espérant peut être une chute fatale du bipède.

En bas de la Brèche du Pin, on descend encore quelques dizaines de mètres dans le pierrier puis on a le choix entre deux options : partir à niveau vers le Lac de la Combe ou remonter légèrement et atteindre les replats sous la Casse de l'Argentière. On choisit la seconde pour bénéficier d'une vue sur les aiguilles nous surplombant et voir encore quelques minutes supplémentaires la Meije et les Arves. Le terrain devient plus mixte avec du rocher et de l'herbe, le tout en traversant des pentes tout à fait praticables et peu inclinées malgré l'absence de sentier.

 

On arrive tranquillement au Lac de la Combe qui s'apparente davantage à une marre qu'à un véritable lac. Son alpage est un haut lieu d'estive mais en cette fin septembre les moutons ont déserté les lieux. On profite ainsi du calme et de la vue sur les Grandes Rousses, le Lac de Grand-Maison et les sommets de la Vanoise.

 

Depuis le Lac de la Combe, on remet pied sur un sentier balisé jusqu'au Col du Glandon. On troque la Casse de l'Argentière pour de vastes alpages teintés de rouge où le blanc des glaciers du Mont Blanc dénote dans le paysage. 

 

La fin de journée est particulièrement calme dans ces alpages alors que quelques centaines de mètres en contrebas, la route menant au Col du Glandon et au Col de la Croix de Fer sillonne les vallons. Seuls les grondements des motos brisent le silence automnal.

 

On retrouve le tumulte des environs du Col du Glandon avec motards et moutons. Ceci concrétise ce tour alternant la traversée de trois grandes vallées belledonniennes : la Vallée des Villards, la Vallée de l'Eau d'Olle et la Vallée du Haut-Bréda (la Combe Madame étant la partie haute de cette vallée). Le circuit autour des Aiguilles de l'Argentière permet de profite de magnifiques vues sur ce sommet inaccessible pour les randonneurs que nous sommes. Les cols et les sommets annexes servant de splendides alternatives au coeur du Belledonne sauvage, Rocher Badon en tête, un des plus hauts sommets du coin mais aussi du massif.


ITINÉRAIRE DE LA RANDONNÉE : 

 

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