Réalisée le 11-12 septembre 2026.
Faisant partie du cercle très restreint des sommets belledonniens dépassant les 2900m d’altitude, le Puy Gris 2908m est probablement l’un des sommets randonnables les plus difficiles d’accès du massif. Point culminant de la partie septentrionale de Belledonne, sa proéminence est fortifiée par des cols exiguës, de longues vallées dépourvues de sentiers balisés et des restes glaciaires modifiant d’année en année le terrain autour du sommet. Mais une fois à son pied, le plus dur reste à faire puisque son arête Ouest permettant l’accès au cairn sommital est particulièrement aérienne, les mains étant presque autant utiles que les pieds.
Situé sur le versant savoyard de la Chaîne de Belledonne, son ascension s’effectue notamment depuis les vallées iséroises de la Grande Valloire ou de l’Oule qui bénéficient de sentiers balisés sur leurs parties basses. Côté Savoie, la Combe Rousse et la Combe du Tépey sont dépourvues de sentiers au-delà des 1700-1800m d’altitude conduisant ainsi à des divagations à vue sur plus de 1000m de dénivelés. Bien que le côté sauvage soit ainsi accentué sur le versant savoyard, les combes iséroises, et notamment la Grande Valloire, bénéficient d’environnements et de paysages beaucoup plus variés avec la présence de lacs et d’alpages. Mais quelque soit le versant, au-delà des 2200m, le caractère minéral de Belledonne s’imposera sur la suite et la fin de l’ascension vers les cimes. Il faut tout de même ajouter que même si le côté minéral et abrupt de cette partie de Belledonne est omniprésent à ces altitudes, de nombreux cols alpins restent praticables et même franchissables en randonnée sans être pour autant pourvus de balisage : Col de la Valloire, Col de Comberousse, Col d’Arguille, Col du Tépey, Cols du Gleyzin, pour ne citer qu’eux.
Pour réaliser l’ascension côté isérois, deux vallées permettent d’atteindre les environs du Puy Gris : la Vallée du Haut Bréda avec les hameaux de la Ferrière et la Vallée du Gleyzin avec le Hameau de la Bourgeat Noire notamment. Ces deux options peuvent permettre de réaliser un circuit avec comme point d’orgue l’ascension du Puy Gris, le Gr738, longeant la partie basse, peut faire office de trait d’union en fonction de la vallée de départ choisie.
De notre côté, on démarrera arbitrairement de la Vallée du Gleyzin avec l’ambition de relier la Grande Valloire pour y bivouaquer et d’entreprendre l’ascension finale et la descente via le Refuge de l’Oule la deuxième journée.
Jour 1 : Du Hameau de la Bourgeat Noire à la Combe de la Grande Valloire - le Sentier des Cabanes.
La Bourgeat Noire, hameau de la Vallée du Gleyzin, est un départ de randonnée principalement utilisé pour accéder aux environs du Refuge de l'Oule. Il est également un point d'accès pour le Lac du Léat vers le Sud-Ouest et les cabanes de l'Aup Bernard et du Vay à l'Est.
Signe aussi que les hauts cols sont difficiles d'accès, le Gr738 reste sur les parties basses des vallées du Haut Bréda, du Gleyzin et du Veyton, ne dépassant à aucun moment les 2000m d'altitude entre Fond de France et le Col de Claran.
On laisse le sentier de l'Oule pour la descente du lendemain et on file vers le Chalet du Bout et le Lac du Léat. D'abord via une large piste forestière, le sentier va ensuite s'affiner dans le sous-bois jusqu'à atteindre les clairières du Chalet du Bout.
En cet fin d'été caniculaire, les orages des derniers jours ont revigoré la flore forestière à l'instar de ces Gentianes à feuilles d'asclépiade.
Le Chalet du Bout 1398m est la première cabane non-gardée que nous croisons sur notre itinéraire autour du Puy Gris. Logé au milieu d'une clairière, au pied d'un bouleau, il peut accueillir une petite dizaine de personnes.
Malgré sa faible altitude et sa proximité avec la forêt, sa clairière lui offre une vue partielle sur les cimes du coin notamment la Montagne de Périoule, le Vay et le Pic des Grandes Lanches.
En quittant les abords de la cabane, deux immenses sapins s'érigent au milieu de la clairière. Il s'agit des Sapins d'Henri IV, des arbres remarquables par leur hauteur (aux alentours de 30m), la circonférence de leur tronc (plus de 5m) et leur âge estimé (plus de 400 ans).
Une fois ces fameux résineux passés, on bascule à nouveau dans la forêt en arpentant le sentier du Léat. On fera bien attention à quitter le chemin principal au Point 1686 pour emprunter la petite sente menant au point de vue de la Croix du Léat 1825m.
Sur l'arête Nord de la Croix du Léat, on s'extirpe de l'environnement forestier et on bénéficie enfin d'un plus large panorama. Sur la photo ci-dessus, la Montagne du Bout marque la frontière entre la Vallée du Haut Bréda à gauche et la Vallée du Gleyzin à droite. Au fond : Mont Granier, Mont du Chat, Lac du Bourget, agglomération chambérienne et Sud du Massif des Bauges.
De la Croix du Léat, on descend vers le Léat et sa cabane bordant ses rives. On les aperçoit d'ailleurs depuis le sommet.
Le Chalet du Léat 1719m est probablement l'une des cabanes non-gardées la plus authentique du Massif de Belledonne. Reconstruit en 2003-2004, il peut accueillir jusqu'à 15 personnes sous son toit. Au milieu d'un petit alpage en bordure de forêt et au bord du petit lac éponyme, il constitue un havre de paix particulièrement prisé dans cette partie de Belledonne au point d'être par moment sur-fréquenté et détérioré. Il est également situé sur le tracé du Gr738 de la Haute Route de Belledonne.
En l'absence de place entre ses murs, il a la chance d'être plutôt proche d'autres cabanes : Chalet du Bout, Chalet de Tigneux et Chalets de la Petite et de la Grande Valloire qui peuvent constituer des plans B tout à fait convenables.
Chalet du Léat et son lac. En arrière-plan, on devine la Croix du Léat 1825m et le Grand Charnier 2561m.
A partir du Chalet du Léat, on suit le Gr738 vers le Sud sur un peu plus de 3km. Le sentier évolue en balcons entre 1700 et 2000m d'altitude et traverse les abords de nombreuses cabanes non-gardées, notamment le Premier Chalet de Tigneux (situé en contrebas du Gr), le Chalet de la Fouetterie et finit vers les Chalets de la Grande Valloire. Au milieu de tout ça on passe près du Second Chalet de Tigneux qui sert quant à lui au berger lors de l'estive. Une source se trouve d'ailleurs près de ce baraquement.
Globalement ascendant jusqu'au passage de la Montagne de Tigneux, le sentier opère une légère descension entre le Chalet de la Fouetterie et notre porte d'entrée dans la Combe de la Grande Valloire.
Situé une cinquantaine de mètres en aval du Gr, le Chalet de la Fouetterie (aussi appelé Deuxième Chalet de la Petite Valloire) constitue également une cabane non-gardée pouvant accueillir une quinzaine de couchages. Non loin de ses murs, un ruisseau et une fontaine sont présents mais leur alimentation dépend de la saison. Lors de notre passage et au vu de la sécheresse estivale, la source comme la fontaine étaient taries. Il est cependant situé à une quinzaine de minutes du Premier Chalet de la Grande Valloire, positionné quant à lui aux abords du Ruisseau de la Grande Valloire, coulant de manière constante car émanant des lacs en amont.
La présence de nombreuses cabanes sur les hauteurs du Haut Bréda permettent de pallier à la sur-fréquentation de certaines d'entre-elles. Accessibles à toute saison, même en hiver car situées en bordure de forêt et à des altitudes tout à fait modestes, elles restent cependant séparées par de nombreuses zones avalancheuses.
Trois de ces cabanes, à savoir le Chalet du Bout, le Chalet du Léat et le Chalet de la Fouetterie, ont été rénovées et entretenues par l'association Tous à Poêle. Créée en 2015 et basée dans le département des Hautes-Alpes, cette association s'est fixée comme mission d'entretenir et de prendre soin du patrimoine montagnard que constitue les cabanes dites libres, c'est-à-dire des bâtiments libres d'accès, gratuit et ouvert toute l'année. Cette association ''bichonne'', comme elle l'aime l'affirmer, les cabanes de nombreux territoires alpins tels que Belledonne, le Vercors, les Bauges, le Beaumont ou encore les Baronnies et détient des antennes dans le Jura et les Pyrénées-Orientales.
Appartenant à des communes n'ayant pas forcément les moyens de les entretenir, l'association Tous à Poêle s'occupe des cabanes libres en organisant chaque année des chantiers de rénovation soit pour la remise en état des installations mais aussi pour les préparer à la saison hivernale (renouvellement du stock de bois de chauffage par exemple). Pour plus d'informations sur l'association et les futurs chantiers, vous pouvez visiter leur site :
Quelques minutes après le Chalet de la Fouetterie on atteint la Combe de la Grande Valloire au niveau de deux de ses chalets. Le premier qu'on aperçoit, construit en bois, est un chalet privé donc fermé au public, il faut descendre quelques mètres pour apercevoir l'autre abri, construit en pierre quant à lui, et ouvert à tous. Il s'agit de la cabane non-gardée la plus rustique et la plus restreinte puisqu'elle ne peut accueillir que 3 personnes au maximum. Elle a cependant la chance d'être à proximité immédiate du Ruisseau de la Grande Valloire qui coule abondamment, qu'importe la saison.
Des Chalets de la Grande Valloire, on quitte le Gr738 qui continue sa course vers le fond de vallée du Haut Bréda et on récupère la petite sente qui longe le torrent. On la remonte sur 300m de dénivelés positifs pour relier le Lac Blanc et son petit cirque. Durant la montée, le Pic de la Grande Valloire et le Rocher d'Arguille se dévoilent de plus en plus.
Une fois dans le cirque, on débouche sur le modeste mais magnifique Lac Blanc de la Grande Valloire. Perché à un peu plus de 2100m, son eau est laiteuse du fait de l'eau de fonte du petit Glacier d'Arguille que l'on devine en amont du lac. Cette eau est chargée en sédiments, appelés farines glaciaires, et donnent cette couleur à l'eau du lac. La différence de couleur est particulièrement visible avec la petite marre présente au Sud du Lac Blanc, celle-ci n'étant pas alimentée par le petit glacier. D'un bleu laiteux à la fonte des neiges au printemps, il vire progressivement au vert-gris vers la fin de l'été, la densité de sédiments augmentant avec la fonte plus importante de la glace en amont et sa non-dilution dans les fontes nivales alentours.
Au-dessus du Lac Blanc, deux sommités majeures de cette partie de Belledonne nous dominent : le Pic de la Grande Valloire 2887m à gauche et le Rocher d'Arguille 2885m à droite, tout deux randonnables via le Col d'Arguille 2755m les séparant au centre.
On se décide à planter la tente dans les environs du Lac Blanc. Bien que les emplacements se comptent sur les doigts d'une main, nous n'imaginons pas un terrain plus clément pour bivouaquer vers le Lac Noir, situé 150m plus haut, la quantité de caillasse étant déjà importante près du Lac Blanc.
Malgré un regain de nébulosité à la suite de notre arrivée au Lac Blanc, on tente de gravir les crêtes présentes au Nord du lac. On espère ainsi percer la couche nuageuse au bout de l'ascension. Bien que les cartes IGN ne mentionnent aucun lieu-dit, les cartes OSM indiquent la présence d'un Pic des Valloires légèrement au Sud-Ouest du Point 2595. Le terrain n'étant pas fortement incliné à partir du Lac Noir, on tente une ascension vers ce mystérieux sommet.
Du Lac Blanc on emprunte le sentier jusqu'au Lac Noir et on poursuit jusqu'au Point 2319. A cet emplacement, on sortira de la trace pour partir hors sentier et suivre globalement le fil du vallon jusqu'à atteindre la crête. Il n'y a pas de sentier, pas de cairns mais le terrain n'est pas difficile et peu dangereux. On traverse ainsi le royaume des chamois et des bouquetins.
Lac Noir depuis le vallon hors sentier.
Au delà des 2400m, près d'un replat, les nuages semblent se faire moins envahissants. Ils laissent apparaître les Pointes de la Porte d'Eglise à gauche, la Crête du Lac Noir au centre et embêtent encore un peu le Rocher Gris à droite.
Une fois sur la crête, les vagues nébuleuses laissent entrevoir la suite de l'itinéraire. Sur la photo ci-dessus, la pointe la plus à gauche correspond au Pic des Valloires et celle un peu plus au centre au Point 2595. Les deux sont praticables par un cheminement d'arêtes.
Sur OSM, le Pic des Valloires est coté à 2565m et est nommé ainsi puisqu'il se retrouve à la jonction entre la Combe de la Grande Valloire au Sud et à l'Est et la Combe de la Petit Valloire au Nord.
Au Pic des Valloires, les nuages restent globalement cantonnés à de plus basses altitudes. On bénéficie ainsi d'une splendide vue sur les cimes du coin et au-delà, le tout dans une ambiance de fin de journée paisible et majestueuse à la fois.
La soleil chutant inexorablement, on se décide à quitter la crête du Pic des Valloires pour aller retrouver les rives du Lac Blanc. En quittant les cimes, les nuages reprendront confiance et envahiront de nouveau la Combe de la Grande Valloire.
On atteint le Lac Blanc et notre bivouac dans une ambiance bien plus sombre que celle des crêtes.
Cependant, avant de nous coucher, nous serons retenus par la venue inattendue du groupe de bouquetins que nous avions croisé en amont. Sans stress, ils viendront dans les parages du Lac Blanc paitre et jouer entre eux et finiront par continuer leur descension vers la partie basse de la Grande Valloire une fois le soleil couché.
Jour 2 : L'ascension du Puy Gris et la descente par le Vallon de l'Oule - Sur les reliquats glaciaires de Belledonne Nord.
Au matin, l'encaissement de la Grande Valloire et son positionnement sur le versant Ouest de Belledonne ne nous permet pas d'être frappé par les rayons du soleil dès notre réveil.
Du Lac Blanc, on évoluera dans l'ombre des hautes cimes dominant la Grande Valloire : Rocher d'Arguille, Pic de la Grande Valloire, Rocher Gris et Crête du Lac Noir. On reprend jusqu'au Lac Noir le sentier que nous avons emprunté la veille pour grimper sur le Pic des Valloires et en le poursuivant vers le Lac Glacé. Vers ce dernier lac, le terrain devient intégralement minéral et la petite sente terreuse est remplacée par un cheminement cairné en direction du Col de la Valloire.
Durant la montée, on aperçoit tout de même le Vercors et la Chartreuse baignés par le soleil. De notre coté, nous ne serons illuminés qu'une fois au Col de la Valloire.
Bien que la progression soit relativement aisée depuis le Lac Glacé, les blocs sont par moment instables avec des ressauts plus facilement franchissables sur la gauche du vallon plutôt qu'en son centre.
Il n'est d'ailleurs pas rare d'apercevoir de la glace sous certains blocs, signe que le Glacier de la Grande Valloire gît encore sous le pierrier. Avant le col, on croisera même quelques blocs de glace, tout à fait insignifiants et n'obstruant aucunement la combe.
Au Col de la Valloire 2751m, le Nord de Belledonne nous fait face (Pic du Frêne, Grand Morétan, Charmet de l'Aiguille en tête) ainsi que le Mont Blanc et la Vanoise.
En tournant le regard à notre droite, l'objectif du jour s'érige face à nous. Dans toute sa finesse et sa verticalité, la voie d'accès au cairn sommital correspond bien à l'arête dentelée que l'on aperçoit à droite du sommet. Sous le Puy Gris, le glacier moribond émanant de la Selle du Puy Gris.
D'altitude quasi similaire, le Col de la Valloire et la Selle du Puy Gris ne sont plus directement joignables en longeant le pied de la paroi rocheuse les séparant. Le terrain est trop délité et instable, et pourtant les cartes OSM confirment encore ce cheminement. Il faut au contraire descendre une cinquantaine de mètres en direction du Col de Comberousse avant d'opérer un virage vers le Sud via les dalles et un petit couloir terreux pour espérer remonter la Selle du Puy Gris. D'abord composé d'un chaos de blocs, on arrive ensuite à proximité de la petite langue glaciaire. On peut chausser les crampons pour la remonter facilement ou longer les quelques blocs qui jonchent la droite du glacier, sous la pointe rocheuse anonyme que l'on observe sur la photo ci-dessus au centre-droit. Il ne faut pas trainer dans les parages, les chutes de pierres étant récurrentes.
Depuis la Selle du Puy Gris on domine au Sud la Combe du Tépey. La vue est déjà splendide sur les Aiguilles d'Arves, la Meije. le Râteau, les Grandes Rousses et les Aiguilles de l'Argentière. Mais c'est également ici que commencent les choses sérieuses et la cotation T5 de cette randonnée provient presque exclusivement de cette portion.
Du col, le cheminement alterne les passages en versant Sud et en versant Nord de l'arête Ouest du Puy Gris. Dès le départ il faut se diriger sur le versant Sud pour aller chercher un peu plus loin le fil de la crête. On navigue ensuite à l'aide de quelques cairns difficilement repérables dans le dédale de roches. Les cairns partent un moment sur le versant Nord avant de basculer de nouveau au Sud et de buter contre un mur d'environ 3-4m (photo ci-contre), situé à proximité d'un éperon rocheux de couleur légèrement orangée.
Il s'agit de la principale difficulté de l'arête. Et même si le passage est pourvu de nombreuses prises, il peut paraitre particulièrement impressionnant notamment à la descente. Il ne faut d'ailleurs pas hésiter à laisser son sac à dos et ses bâtons à la Selle du Puy Gris pour mieux évoluer dans cet environnement vertical où les mains sont presque aussi utiles que les pieds.
Une fois le mur franchi, les cairns suivent quasiment le fil de l'arête jusqu'au cairn sommital perché à 2908m.
On respire enfin plus sereinement au sommet surtout avec un tel 360 sur les Alpes du Nord, ici des Bauges à la Grande Casse en passant par les Aravis, le Giffre, le Nord de Belledonne, la Lauzière, le Mont Blanc et les Grands Combins.
Vers l'Ouest, de l'extrémité Nord du Vercors au Sud des Bauges en passant par l'agglomération grenobloise, la Vallée du Grésivaudan, l'intégralité de la Chartreuse, le Mont du Chat et le Lac du Bourget. Au premier plan, il s'agit des Pointes de la Porte d'Eglise et de la Pointe de Comberousse.
Vers le Sud, de la Montagne des Agneaux au Mont Saint-Eynard, en passant par la Meije, le Pic du Mas de la Grave, le Râteau, le Glacier de la Girose, les Grandes Rousses, les Aiguilles de l'Argentière, l'Obiou, le Rocher Blanc, le Rocher Badon, le Taillefer, le Pic de la Grande Valloire, le Grand Pic de Belledonne, le Pic des Cabottes, la Grande Lance de Domène, la barrière orientale du Vercors et Grenoble.
Zoom sur le Nord-Est : Massif du Mont Blanc, Grands Combins, Dent Blanche, Cervin, Ruitor, Mont Rose, Mont Pourri, Aiguille de la Grande Sassière, Grand Bec et Grande Casse. Au second plan, on devine le Grand Pic de la Lauzière, le Col de la Madeleine, le Cheval Noir et la Pointe du Mont du Fût.
Aiguilles d'Arves, Aiguilles de la Saussaz, Aiguille du Goléon et Montagne des Agneaux. On devine sur la droite le Col de la Croix de Fer.
Arête Ouest du Puy Gris et Selle du Puy Gris dans l'ombre. Au-dessus les Pointes de la Porte d'Eglise et la Pointe de Comberousse sur font de Hauts de Chartreuse.
Du sommet, on reprend à l'identique l'itinéraire jusqu'à l'endroit où nous avons quitté le sentier reliant le Col de la Valloire au Col de Comberousse. Il n'y a toujours pas de balisage à proprement parler mais un cheminement de cairns bien visible entre les cols et au-delà. Du Col de Comberousse (aussi appelé Col du Grand Glacier), on a une vue d'ensemble sur le Puy Gris et le haut de la combe que nous avons traversé.
Le Puy Gris 2908m, la Selle du Puy Gris et la pointe anonyme. Sous la face Nord du Puy Gris, on devine bien les restes de l'Ancien Glacier du Puy Gris qui tapissent probablement encore les soubassements du pierrier.
Au Col de Comberousse 2669m, on quitte la Combe Rousse dont nous avons traversé la partie haute pour basculer sur un autre vallon glaciaire : celui du Gleyzin. On ne quitte pas pour autant les chaos de blocs qui nous suivront encore sur une bonne partie de la descente. Cependant, après quelques dizaines de mètres en aval, les cairns nous amèneront à arpenter des dalles polies plutôt que le talweg, facilitant ainsi la progression dans ce labyrinthe de cailloux et évitant aussi les risques de chutes de pierres émanant de l'arête Nord du Charmet de l'Aiguille.
Les restes du Glacier du Gleyzin sont surtout visibles sous l'arête Nord du Charmet de l'Aiguille comme on peut le constater sur la photo ci dessus. Au loin, on devine le Pic des Grandes Lanches, la Pointe du Gleyzin et le Grand Morétan.
Puy Gris dans le prolongement du Col de Comberousse et du Vallon du Glacier du Gleyzin (peu d'indice sur sa présence actuelle mais surtout sur sa présence passée avec les grandes dalles de roche polie).
Du front glaciaire, on domine la totalité du Vallon du Gleyzin. On devine même le parking qu'il nous faut rejoindre 1500m plus bas. Au loin, on observe la Combe de Savoie encadrée du Mont Granier et du Sud des Bauges.
Juste avant d'atteindre les lacs, on atteint l'échappatoire nous permettant de sortir du vallon supérieur vers l'ancienne moraine du Glacier du Gleyzin, orientant notre progression vers le Nord-Ouest et non plus le Nord. Bien que le cheminement soit indiqué sur les cartes OSM, les cartes IGN n'indiquent qu'une trace de ski de randonnée. Néanmoins, la descente ne suit aucunement cette trace bleue et bifurque avant cette dernière. De toute manière, la densité de cairns s'accentue une fois dans le pierrier et le progression devient plus évidente qu'en amont puisque l'on descend presque verticalement en suivant une petite crête morainique jusqu'à un replat.
Depuis le replat, aux alentours des 2100m, on se situe au croisement du sentier montant vers le Col Morétan à gauche et le Col de Comberousse (invisible depuis notre position). A droite, l'ancienne moraine du Glacier du Gleyzin que nous avons descendu ainsi que le Charmet de l'Aiguille. De ce point, il n'y a plus aucun indice de la présence du Glacier du Gleyzin.
Malgré le replat, la descente repart de plus belle avec encore 300m de chute pour atteindre le Refuge de l'Oule perché à 1836m. Ce refuge porte aussi le nom d'Antoine Cros du nom de celui qui a importé le ski dans le Pays d'Allevard dans les années 1920.
Bien que 200m en amont du cheminement du Gr738, cet établissement est pleinement intégré au réseau de refuges-étapes du Gr. Le balisage du Gr est d'ailleurs bien présent à partir du refuge.
Refuge de l'Oule et Charmet de l'Aiguille.
Les abords du refuge offrent un autre replat avant une nouvelle chute de 200m jusqu'au croisement du Point 1662. De là, on traverse le torrent à l'aide d'une passerelle et on continue notre descension vers les hameaux du Gleyzin, dans la forêt cette fois-ci.
Il ne nous reste qu'un peu plus de trois kilomètres à parcourir pour relier le Hameau de la Bourgeat Noire depuis le Point 1662 via la Combe Grasse.
La forêt s'éclaircit au moment de traverser la clairière du Chalet du Plan. Contrairement aux nombreuses cabanes que nous avons rencontré sur cet itinéraire, il s'agit d'un chalet privé fermé au public.
On termine cette rude descente de 1900m de dénivelés sur 7km. Bien plus radicale que la Combe de la Grande Valloire, il semble plus intéressant de la descendre que de la monter d'autant que les coins bivouac sont peu présents sur cette portion et les cabanes non-gardées totalement absentes. Ce sont pourtant bien ces deux aspects qui peuvent agrémentée l'ascension du Puy Gris soulageant les ascensions et les descensions des combes typiquement belledonniennes, véritable royaume du caillou.
ITINÉRAIRE DE LA RANDONNÉE :
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