- Le Sommet de Tourte-Barreaux 1876m en traversée du Col du Pison au Pas des Econdus depuis le Fournaire

Publié le 7 avril 2026 à 12:26

Réalisée le 05-06 avril 2026.

 

Cela fait maintenant quelques années que les Hauts Plateaux du Vercors n'avaient pas eu une telle quantité de neige au mois d'avril. Et malgré des températures en hausse, cette couche d'or blanc résiste et recouvre encore l'intégralité des plateaux au-delà des 1500m d'altitude. Le beau temps, le week-end pascal et la probable forte fréquentation des cabanes du Vercors nous invitent à tenter un bivouac sur les Hauts Plateaux. Loin d'être totalement à niveau, cette zone du Vercors est constituée d'une succession de buttes et dépressions et de nombreux sommets secondaires permettent à la fois un accès aisé sur sol enneigé et un environnement propice pour y poser sa tente.

Cependant, aux classiques Montagne du Glandasse ou Tête Chevalière, on cherche un sommet plus atypique et moins connu. Et c'est là que notre regard se tourne vers le Sommet de Tourte-Barreaux. Contrairement à la plupart des sommités des Hauts Plateaux, davantage situées en périphérie, le Sommet de Tourte-Barreaux s'érige en plein coeur des alpages. Localisé sur la zone la plus étroite des Hauts Plateaux Sud, entre le Pas de l'Aiguille à l'Est et le Pas de Chabrinel à l'Ouest, sa position semble idéale pour y contempler à la fois le Massif du Vercors mais également le Pays Diois ainsi que le Trièves. De plus, à en regarder les cartes topographiques, son sommet révèle une certaine planéité et une zone sommitale alpestre, le combo parfait pour y installer notre bivouac.

De par son positionnement central sur les Hauts Plateaux, ses accès sont multiples : que ce soit à l'Ouest via les Pas de Chabrinel, le Col du Pison, le Col des Bachassons ou à l'Est par le Pas de l'Aiguille principalement. Bien entendu, des accès par le Nord (Pas de la Selle, Pas des Bachassons) ainsi que par le Sud (Archiane) sont tout à fait envisageables et permettront une traversée plus ample des Hauts Plateaux avant de s'attaquer à l'ascension du Sommet de Tourte-Barreaux.

De notre côté, on se décide à rejoindre les plateaux et le sommet par l'Ouest et le Pays Diois. Le Cirque de Romeyer, idéalement placé entre les contreforts de la Montagne du Glandasse et les premières parois Sud du Vercors, nous changera de nos habitudes à arpenter le Pas de l'Aiguille et sa célèbre cabane. Reste à savoir quel col sera notre porte d'accès pour les Hauts Plateaux. Et même si le choix s'établit entre trois possibilités : Col des Bachassons, Col du Pison et Pas de Chabrinel, la présence de neige élimine de fait le premier col, celui-ci étant situé sous la face Nord des Rochers des Traverses et son accès étant constitué d'un pierrier dont les pentes sont assez soutenues. Les deux autres passages sont des alternatives tout à fait plausibles et permettent de réaliser un joli circuit autour, à la fois du Sommet de Tourte-Barreaux mais également du Cirque de Romeyer.

Pour l'ascension du Sommet de Tourte-Barreaux, on décide de s'attaquer au col le plus direct pour accéder aux environs du sommet, à savoir le Col du Pison. Il s'agit également du col le plus sauvage car sur quelques kilomètres l'ascension en direction du Pas de Chabrinel depuis le Fournaire s'effectue sur une large piste semblant être empruntée par de nombreux engins forestiers.

 

L'ascension du Sommet de Tourte-Barreaux par le Col du Pinson et la traversée de la Jasse de Plautret et du Jas Neuf.

 

Au départ du Parking du Fournaire, après plusieurs kilomètres sur une route carrossable quelque peu mouvementée, on la poursuit cette fois-ci à pied sur quelques centaines de mètres jusqu'à rejoindre le Château, une cabane libre d'accès pouvant accueillir jusqu'à 6 personnes et située à 1000m d'altitude. A coté d'elle, une généreuse source et une baraque de l'ONF complètent ses environs. Reste que la cabane est totalement en sous-bois et ne permet pas la contemplation du Cirque de Romeyer. Seuls quelques belvédères sur son chemin d'accès depuis le Fournaire pourront nous satisfaire et nous laisser entrevoir les contreforts Sud du Vercors.

 

Point de vue sur le Pas de Chabrinel avant d'atteindre les environs du Château. 

 

 

 

 

A partir du Château, la signalétique indique bien le Pison. On quitte ainsi la piste forestière pour un sentier beaucoup plus soutenu. On grimpera ainsi 400m de dénivelés jusqu'au prochain croisement où les sous-bois saturés de buis laisseront apparaitre les premières traces de neige tout en ne compliquant pas notre progression. Par moment, une éclaircie dans la forêt permet de voir l'esthétique Dent de Die 1640m, sommet emblématique du Pays Diois.

 

Vers 1400m, on atteint le croisement de la Lentillière au niveau d'un replat. On pose pied sur le sentier provenant du Col de Vire-Sac dont on poursuivra la route vers le Nord, en direction du Pison. Jusqu'aux environs de la Baraque du Pison, on évoluera sur un sentier en balcons. 

Bien que la quantité de neige ne soit pas importante sur cette portion, le dévers est assez sérieux pour que l'on prenne le temps de bien positionner chacun de nos pas, notamment lors de la traversée des quelques ravines qui jalonnent le sentier. Il n'y a qu'à regarder la carte des pentes pour se rendre compte que sur sols enneigés ou gelés, la montée vers le Col du Pison depuis le Cirque de Romeyer peut vite devenir compliquée voire dangereuse. Il faudrait alors privilégier le Pas de Chabrinel dans ces conditions.

Quelques points de vue permettent d'avoir à la fois une vue d'ensemble sur le Cirque de Romeyer mais également sur le Grand Veymont 2341m qui émerge au-dessus du Pas de Chabrinel.

 

C'est dans le Cirque de Romeyer que les dernières populations d'ours brun des Alpes françaises sont dénombrées. L'occasion ici de revenir sur l'historique du plantigrade dans les Alpes françaises et notamment le Vercors. Le relief du Vercors est particulièrement propice à l'épanouissement des ours avec de nombreuses cavités calcaires et un vaste environnement forestier. D'autant que, et c'était encore plus vrai avant le XXème, l'établissement de populations humaines dans cette zone était encore plus faible qu'aujourd'hui. 

Pour les populations locales, l'ours brun a toujours fait l'objet de craintes, notamment pour les éleveurs. Une loi du 3 mai 1844 va totalement bouleversée les interactions entre les ours bruns et les Hommes, cette législation établissant le statut de ''nuisible'' aux plantigrades à côté du loup, du renard, du blaireau et du sanglier. Cette loi autorise ainsi les paysans à abattre ces animaux non pas parce qu'ils ont causé des dégâts mais parce qu'ils sont susceptibles d'en causer. Cette loi ouvre la porte à une série de demande de battues qui sont quasi systématiquement autorisées par les pouvoirs publics.

Dès les années 1880, certains parlent déjà d'un risque d'extermination de l'espèce alors même que son caractère inoffensif et peureux face à l'Homme est mis en avant. Mais ces alertes resteront lettre morte et au début du XXème siècle, on se recense plus que quelques spécimens dans le Vercors et en Haute-Maurienne. Et c'est en 1937 que la dernière observation d'ours dans les Alpes françaises est faite, près de la commune de Saint-Martin en Vercors. 

Dans les pays voisins, les ravages de la chasse ont été encore plus prégnants en Suisse puisque le dernier ours helvétique est tué dès 1904 dans les Grisons. En Italie, il ne restaient plus que trois ours dans les années 1990 dans le Massif des Dolomites de Brenta. 

A la fin du XXème et au début du XXIème siècle, une succession de législations à la fois nationale et européenne mettent en place un cadre protecteur pour les derniers ours bruns d'Europe. La population d'ours slovène va servir de réservoirs pour des programmes de réintroduction dans les Alpes Italiennes et dans les Pyrénées. Le projet de réintroduction de l'Ours dans le Vercors ayant été avorté dans les années 1990, il ne semble plus du tout à l'ordre du jour actuellement d'autant qu'on tend à percevoir un recul des législations protectrices ainsi qu'un entêtement des populations locales et agricoles, comme on peut l'observer pour le loup.

Cependant, la population d'ours est en constante augmentation chez nos voisins italiens et sur la décennie 2010-2020, les premiers spécimens sont observés en territoire suisse. Certaines études parient même sur le retour naturel de l'ours brun dans les Alpes françaises d'ici le milieu du XXIème siècle. Pour le moment, l'observation la plus proche du territoire français, côté Est, a été effectuée en 2017 dans les Alpes Bernoises. 

 

Tête du Pison 1757m.

Au bout du sentier en balcon, on pénètre dans un petit vallon suspendu, le Pison. En occitan, le terme ''Pison'' signifie une petite auge pour faire boire les volailles. Peut-être un clin d'œil à la source présente au niveau du talweg du vallon.

En effet, avant d'atteindre la Baraque du Pison, on croise la Fontaine de l'Ours (photo ci-dessus). Difficilement identifiable, quelques panneaux indiquent son emplacement exact. On en profite pour casser la croute près de sa résurgence et pour refaire le plein des gourdes avant d'atteindre les Hauts Plateaux enneigés.

 

300m après la Fontaine de l'Ours, on arrive aux abords de la charmante Baraque du Pison. Comme sa consoeur du Château, elle est située en sous-bois et est dépourvue de points de vue mais ses environs sont bien plus bucoliques et sauvages. 

Prévue pour 6 couchages, elle détient tout le confort nécessaire pour une escale forestière avant ou pendant une traversée des Hauts Plateaux.

 

A noter que pour accéder à la Baraque du Pison depuis le Cirque de Romeyer, il est possible de passer par le Pas du Pison. Mais cet itinéraire est un peu plus vertigineux et un terrain sec est préférable.

Quelques centaines de mètres après la Baraque du Pison, on atteint enfin les Hauts Plateaux et leur Réserve Naturelle. Les sapins et les hêtres sont remplacés par une forêt de pins clairsemée laissant entrevoir des portions de paysages. 

Alors que le terrain est maintenant totalement enneigé, on met pied par la même occasion sur le Gr91-Gr93 traversant le massif. On en profite pour chausser les raquettes avant de poursuivre vers le Sud en direction du Col du Pison.

 

 

Juste avant d'atteindre le Col du Pison 1655m, on quitte le Gr pour pénétrer dans les dépressions voisines de la Jasse de Plautret. On évolue ainsi au pied des Rochers éponymes avec une vue qui se dégage de plus en plus, au Sud notamment. Pas un chat à l'horizon. Seulement des pins et des alpages enneigés où gazouillent toute sorte d'oiseaux ravis de ressentir enfin le printemps s'imposer en moyenne montagne.

Notre objectif, sur cette portion, est de rejoindre les environs du Col des Bachassons où une source est potentiellement présente. Même si d'après l'enneigement et les dernières observations établies, cette dernière étant encore ensevelie. On tente quand même notre chance.

 

De nombreux cumulus inoffensifs se développent au-dessus du Vercors au fur et à mesure de notre progression. A droite, on observe les premières pentes de la Montagne du Glandasse. Du reste, l'immensité des Hauts Plateaux à perte de vue.

 

Depuis la Jasse de Plautret, vers le Nord, seules quelques buttes mi-forestières mi-alpestres daignent se détacher des plateaux (de gauche à droite) : Tête du Pison, Sommet de Tourte-Barreaux, Tête des Baumiers et Tête des Chanaux.

 

On arrive près de la localisation de la Fontaine des Bachassons. Malheureusement, cette source reste inaccessible. On poursuit donc notre route vers le prochain intermédiaire de la journée, la Bergerie du Jas Neuf. 

Depuis les environs de la Fontaine des Bachassons, quelques sommets de renom se sont ajoutés au paysage en direction du Nord tels que le Sommet de Malaval, le Grand Veymont, le Mont Aiguille et même le chaînon du Grand Armet tout à droite.

 

Au lieu-dit des Quatre Chemins du Jas Neuf, on file vers le Nord-Est, à la parallèle de la Plaine de la Gache. La forêt de pins est un peu plus dense même si quelques sommités s'immiscent dans le panorama par moment, à l'instar de notre objectif, le Sommet de Tourte-Barreaux tout à gauche ou encore du Mont Aiguille.

 

Puis la forêt s'éclaircit sensiblement près de l'imposante bâtisse de Jas Neuf, une des plus grosse bergerie des Hauts Plateaux. Même si le bâtiment principal est fermé, la bergerie annexe au toit rouge permet de s'abriter hors estive. 

Bien que l'on soit au coeur des Hauts Plateaux, le Grand Veymont et le Mont Aiguille notamment percent l'horizon depuis le Jas Neuf. 

 

Une fois près des bergeries, on stoppe notre progression vers le Nord-Est qui nous conduirait vers Chaumailloux et le Pas de l'Aiguille. A partir de là, on cheminera à vue et hors sentier pour tenter d'atteindre le Sommet de Tourte-Barreaux. Sur 200m de dénivelés on zigzaguera sur le versant Sud de cette butte en suivant grossièrement les points 1645, 1701 et 1741 des cartes IGN. Puis, juste avant l'antécime Sud, point 1837, on la contournera par la gauche pour atteindre un petit vallon nous conduisant vers la cime. Il n'y a absolument aucune difficulté à atteindre Tourte-Barreaux, même en raquettes. En été, sur sol sec, son accès doit être possible sur l'intégralité de ses versants, aucune barre rocheuse n'étant présente et les pentes ne dépassant que très rarement les 30°.

Le versant Sud étant plus progressif, c'est la raison pour laquelle nous avons choisi cette voie d'accès.

 

Juste derrière le point 1645, nous avons été étonnés d'y trouver un réservoir d'eau (on le devine au centre de la photo ci-dessus) émergeant tout juste de l'épaisse couche de neige. Fort bienvenu dans notre cas puisqu'il nous a permit de remplir intégralement nos réserves d'eau. Il est cependant étonnant qu'une telle installation soit construite en plein milieu d'une réserve naturelle. Après tout, si le pastoralisme n'est pas possible par manque d'eau dans cette zone, pourquoi insister en y construisant des infrastructures en pleine aire protégée et gâchant en partie le paysage ?

 

Jas Neuf et Tête du Peyssé.

Tête du Pison et Rochers de Plautret.

Jas Neuf à gauche et Pié Ferré à droite.

 

 

 

La vue ne fait que se décupler au fur et à mesure de notre ascension. Le paysage n'est maintenant plus intégralement vertacomicorien avec l'immixtion des Trois Becs ou encore des hauts sommets dévoluards. 

Et alors que les nuages rapetissent au-dessus du Vercors, d'imposants paquets nuageux se forment sur les Alpes intérieures, notamment les Ecrins. Peut être les premiers orages de l'année.

Près du sommet, la pente s'adoucit jusqu'à s'aplanir totalement. Pas un brin d'herbe ne dépasse mais pas de quoi nous décourager à installer le bivouac près de ces quelques pins qui nous protègeront des légers courants d'air traversant le plateau sommital. 

Le sommet est en réalité à quelques encablures un peu plus au Nord, au point 1876. On partira le conquérir après l'installation du bivouac qui nécessite un peu plus de préparatifs en hiver qu'en été.

 

 

 

Tout d'abord, le quadrillage de notre emplacement. Vous remarquerez qu'une magnifique fenêtre avec vue sur le Grand Veymont n'a pas été un hasard pour l'installation du bivouac.

Puis le tassement et le pelletage des couches de neige les plus molles avant d'installer la couverture de survie qui isolera en partie le sol de la tente. 

A la fin du montage de la tente, il ne faut pas oublier de creuser une rigole sur tout le pourtour de la tente pour que le froid nocturne s'y engouffre et épargne notre campement.

Pas mal non ? Et ce n'est pas quelques nuages élevés qui vont nous gâcher la fin de journée. On part ensuite voir que ce que donne le panorama depuis le Sommet de Tourte-Barreaux que l'on devine à gauche.

 

Déjà depuis la tente, le panorama vers l'Est annonce la couleur avec une vue sur les Rochers du Parquet, le Mont Aiguille, les Ecrins, une partie du Trièves, la barrière dévoluarde, Tête Chevalière et le Sommet de la Montagnette.

 

Quelques minutes plus tard, au Sommet de Tourte-Barreaux 1876m, les dernières lueurs et les jeux d'ombre embellissent sensiblement les Hauts Plateaux. C'est une vision tout à fait atypique sur le Vercors et ses hauts sommets que nous offre cette cime. Mises à part les quelques bergeries se cachant sur ces vastes espaces, il n'y a presque pas de signe de civilisation depuis Tourte-Barreaux. C'est une expérience sauvage que très peu de massifs des Alpes du Nord peuvent procurer.

 

Vers l'Ouest s'annonce la fin du Vercors représentée par le But St-Genix à droite. Au loin, la Vallée du Rhône suivie des Monts d'Ardèche.

 

Le Grand et le Petit Veymont dominant la Plaine de Queyrie et la Bergerie de Peyre Rouge.

Trois Becs, Rochers de Plautret, Dent de Die et Tête du Pison.

Rochers du Parquet, Combe de Peyre Rouge et plateau sommital du Mont Aiguille.

Pié Ferré, Roc de Peyrole, Rochers des Heures, Rochers des Traverses, Trois Becs, Rochers de Plautret, Dent de Die, Tête du Pison.

 

Les Hauts Plateaux Nord, quasi intégralement forestier mis à part l'alpage de la Grande Cabane au centre. Suivis des falaises et les profondes gorges caractéristiques de l'Ouest du Massif du Vercors.

 

En direction du Dévoluy et des Hauts Plateaux du Sud-Est. Sur la droite, on devine notre bivouac.

 

Dernières lueurs sur les hauts sommets du Dévoluy.

 

Il est temps pour nous de retirer nos chaussures humides et de nous emmitoufler en attendant les premiers rayons matinaux. La grosse interrogation avant de s'endormir étant : est-ce qu'un regel aura lieu ?

 

Du Sommet de Tourte-Barreaux au Pas des Econdus en passant par Peyre Rouge, Pré Peyret et la Tête du Faisan.

 

Au petit matin, le temps est de nouveau radieux, pas l'ombre d'un nuage dans le ciel et les premiers rayons réchauffent instantanément les environs de notre bivouac. D'ailleurs le regel nocturne n'a pas eu lieu et l'ambiance printanière est amplifiée par l'incessante chorale des oiseaux qui redémarrent de plus bel.

 

Avec l'absence de regel, on ne chausse pas les crampons pour ce début de journée mais d'ores et déjà les raquettes. Pour descendre du Sommet de Tourte-Barreaux, on se concentre sur la face Est de la montagne avec le point 1681 en ligne de mire et le sentier qui le traverse. Nous hésitions avec une chute directe sur la bergerie de Peyre Rouge via la face Nord mais la pinède semble plus dense et la pente plus soutenue.

Mais d'abord, on se permet un rapide aller-retour sur la zone sommitale pour voir le soleil envahir les Hauts Plateaux.

 

 

 

 

Après ce coup de boost visuel. On se lance donc depuis notre emplacement de bivouac en suivant au mieux les petits vallons qui cisaillent la face Est de Tourte-Barreaux.

Sans difficulté et sous les roucoulements du Tétras du coin, on rejoint tranquillement les alpages marquant le début d'une dizaine de kilomètres de traversée sur les Hauts Plateaux du Vercors.

 

En direction de la Bergerie de Peyre Rouge et en s'éloignant de Tourte-Barreaux, nous avons une plus ample vue sur le sommet où nous avons dormi. Pas d'esthétisme du relief particulier mais un positionnement idéal et une surélévation parfaite par rapport au reste du plateau en font un point unique.

 

Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à contempler le Sommet de Tourte-Barreaux puisqu'un duo de marmottes trône au milieu de l'alpage. Quelque peu déconcertées par l'épaisseur de neige et l'absence de nourriture, les deux commères n'osent même pas émettre le moindre son à notre passage. Espérons que le réveil ne fut pas trop précoce pour nos deux rats d'altitude.

La Bergerie de Peyre Rouge et la Tête de la Graille 1885m. Cette baraque est totalement fermée et est réservée pour les activités pastorales. Il faut se rabattre sur la Cabane de la Montagne de Lau ou la Cabane de Pré Peyret pour y trouver un abri.

 

En mois d'une vingtaine de minutes, on relie la Jasse de Peyre Rouge et la Cabane de Pré Peyret. On en profite pour se ravitailler en eau à la Fontaine des Endettés. Curieux nom pour une source allez-vous me dire. Cela viendrait potentiellement de l'histoire de la Cabane de Pré Peyret qui a été pendant longtemps un lieu de transit entre le Pays Diois et le reste du massif et de la région. Ainsi les plus fortunés se restauraient dans l'abri alors que les plus nécessiteux se contentaient de la source.

En plus de la présence d'une source, la Cabane de Pré Peyret 1600m est une des plus grandes des Hauts Plateaux avec une quinzaine de places. Mais sa facilité d'accès conduit souvent à sa surfréquentation. C'est d'ailleurs le seul moment de notre périple où nous croiserons des congénères.

 

Un choix s'offre à nous une fois à Pré Peyret : soit descendre directement en franchissant le Pas de Chabrinel, soit poursuivre un peu plus à l'Est pour retrouver le Cirque de Romeyer au niveau du Pas des Econdus. Le beau temps et la chaleur nous conduisent à rallonger l'aventure sur les Hauts Plateaux. D'autant qu'on se ne contentera pas de suivre le Gr93. On partira à la découverte d'un sommet secondaire pour le moment inconnu : la Tête du Faisan.

 

 

Pour accéder à la Tête du Faisan, on part plein Ouest depuis Pré Peyret en direction de deux cabanes privées. Puis à partir de là, on pique vers le Sud en tentant de rejoindre l'arête surplombant le Cirque de Romeyer.  Le versant Nord de la Tête du Faisan est intégralement forestier. Il n'y a que sa cime cotée 1734m qui permet un véritable belvédère sur les environs.

 

Malgré les teintes quelque peu ternes du Cirque de Romeyer en ce début de printemps, la vue depuis la Tête du Faisan est splendide sur les contreforts du Vercors, le Diois et même le Mont Ventoux. On voit également particulièrement bien le dôme du Sommet de Tourte-Barreaux accompagné de la Grande Tête de l'Obiou sur sa gauche.

 

Combe Mâle et Serre de Montué au loin.

Bouquet de Jonquilles sur le versant Sud du Pas des Econdus.

 

Depuis le sommet de la Tête du Faisan, nous n'avons d'autres choix que de retrouver le Gr93 au niveau de la Combe Mâle. Le versant Sud de la Tête du Faisan, bien qu'alpestre est abrupt. On le laisse donc aux chamois qui profitent du rapide déneigement de l'adret.

En réalité nous arpenterons son versant Sud via un sentier en balcons qui part du Pas des Econdus jusqu'à la Combe Chabrinel. Le passage de ce dernier col nous permettra de nous extraire des Hauts Plateaux, de plonger dans le Cirque de Romeyer et d'effectuer une transition radicale entre l'hiver et le printemps.

 

Près de deux kilomètres de traversée séparent le Pas des Econdus de la Combe Chabrinel où l'on fait face à d'imposantes falaises encadrant la montée vers le pas éponyme. 

 

On retrouve ainsi un large sentier se muant en piste forestière au fur et à mesure de notre descension. Puis on finit par retrouver le Château bouclant ainsi un périple de 25km entre plateau et falaise, entre printemps et hiver, entre sentiers balisés et hors sentier au caractère sauvage sans pareille. Et c'est bien ce qui fait la singularité de Tourte-Barreaux : un sommet presque inconnu idéalement placé concurrençant aisément la rusticité et l'authenticité des cabanes du Vercors.


ITINÉRAIRE DE LA RANDONNÉE : 

 

  • Départ/Arrivée : Parking du Fournaire - km 0
  1. Croisement des Drayes - km 0,6
  2. Le Château (source) - km 1,4
  3. Croisement de la Lentillière - km 2,6
  4. Fontaine de l'Ours - km 3,8
  5. Baraque du Pison - km 4
  6. Près du Col du Pison - km 5
  7. Jasse de Plautret - km 5,5
  8. Fontaine des Bachassons - km 6,3
  9. Quatre Chemins de Jas Neuf - km 7,3
  10. Bergeries du Jas Neuf - 8,7
  11. Sommet de Tourte-Barreaux 1876m - km 11,3
  12. Bergerie de la Jasse de Peyre Rouge - km 13,6
  13. Fontaine des Endettés - km 15,9
  14. Cabane de Pré Peyret - km 16
  15. Cabanes privées de Pré Peyret - km 16,9
  16. Tête du Faisan - km 17,9
  17. Combe Mâle - km 18,8
  18. Pas des Econdus - km 19,4
  19. Fontaine des Gravelles - km 22
Sommet de Tourte-Barreaux Trace Gpx
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